L’alimentation des jeunes enfants porteurs de fente faciale


En cas de fente labiale sans fente palatine

La succion- déglutition s’organise normalement mais le bébé peut rencontrer une difficulté à bien enserrer le mamelon ou la tétine. L’envoi du lait vers l’arrière de la bouche peut alors manquer d’efficacité ; il s’ensuit parfois une fuite de liquide au niveau de la fente.

Cet inconvénient peut être contourné par :

  • L’utilisation d’une tétine en caoutchouc de type deuxième âge à débit variable :
    - le caoutchouc, plus souple que le silicone résiste moins à la pression des lèvres
    - le diamètre plus grand permet de mieux enserrer la tétine
    - l’adaptation du débit permet de mieux contrôler la vitesse d’écoulement et d’aider les bébés qui ont une succion faible.

La modification du trou de la tétine est possible mais doit être attentive : la fente peut être allongée mais ce geste ne doit pas ouvrir un trou car alors le débit serait trop rapide et perturberait l’harmonie de la déglutition.

  • La mise en place de gestes facilitateurs :
    - mettre la totalité de la tétine en bouche
    - presser fermement le menton de bas en haut pour maintenir la bouche fermée.


En cas de fente palatine avec ou sans fente labiale

Les difficultés du bébé sont de deux ordres :
1) Une succion-déglutition qui  manque d’efficacité en raison de l’impossibilité d’obtenir un vide dans la bouche, la division vélaire faisant prise d’air.
2) Un reflux alimentaire nasal qui, sans être grave, augmente le temps des repas et peut provoquer des sensations d’inconfort et de déplaisir.

Qu’est ce que le reflux nasal alimentaire ?

Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut se rappeler que les aliments sont propulsés de l’avant vers l’arrière de la bouche par la langue, en prenant appui sur la voûte palatine.
Quand ils arrivent au niveau du voile du palais, celui-ci s’élève de façon à séparer hermétiquement la bouche et le nez et à orienter les aliments plus bas, vers l’œsophage.
En cas de fente postérieure, cette séparation et cette fonction étant défectueuses, les aliments sont refoulés de la bouche vers le nez par lequel ils s’écoulent.
Cette situation est souvent inquiétante pour les parents qui pensent que l’enfant s’étouffe.

Même si c’est très impressionnant, il ne s’agit pas d’un étouffement qui suppose que l’aliment soit passé entre les cordes vocales vers les poumons (la « fausse route »).


Afin que les repas ne deviennent longs et fastidieux et que le contexte de plaisir autour de l’alimentation soit sauvegardé pour l’enfant et ses parents, il est nécessaire d’adopter quelques précautions :


Au stade de l’alimentation au biberon

  • Utilisation d’une tétine en caoutchouc de type deuxième âge à débit variable :

Ce type de tétine permet de propulser le lait vers l’arrière de la bouche en augmentant par sa souplesse l’efficacité de la succion.
Il est conseillé de faire bouillir la tétine avant de la présenter la première fois à l’enfant. C’est un bon moyen d’augmenter encore sa souplesse.
Dans  certains cas où la durée des tétées reste trop longue, il peut s’avérer nécessaire d’utiliser des tétines spécialement adaptées aux très faibles succions pour éviter l’épuisement du bébé.
Certaines comportent une palette conçue pour obturer la fente palatine, d’autres sont coudées et évitent la projection de la tête vers l’arrière.

La tétine de type « Haberman » offre une aide précieuse mais nécessite de la part de l’adulte qui nourrit l’enfant de coordonner les pressions qu’il applique sur la valve au rythme de succion du bébé.

Utilisation du biberon Haberman

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  • Adaptation de la posture :

Afin de prévenir le risque de reflux alimentaire nasal, la posture du bébé doit être la plus verticale possible. L’enfant est nourri en position semi-assise, le dos en appui contre le flanc de l’adulte ou dans son siège de bébé.


Au stade de l’alimentation à la cuillère :

Ce type d’alimentation oblige le bébé à se constituer de nouveaux repères et il est important de respecter son rythme sans montrer de signes d’agacement.
Les textures proposées étant plus épaisses, le contrôle en bouche est facilité diminuant ainsi le risque de fuite nasale.


Le passage du biberon à la cuillère se fait progressivement :
- une ou deux cuillérées sont d’abord proposées au début du repas, complétées ensuite au biberon.
- la quantité augmente en fonction du rythme de l’enfant, le complément au biberon étant peu à peu abandonné.
Le choix d’une cuillère de petite taille, en caoutchouc, apporte à l’enfant une sensation agréable qui l’aide à mieux accepter le changement.


 

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