Biologie de la cicatrice

La cicatrisation est un mécanisme biologique de réparation des tissus. Elle a une histoire et des conséquences : la connaissance de ces phénomènes est essentielle pour le médecin et son patient car elle va influer sur les indications de la chirurgie : dates et procédés.

Production d’un nouveau tissu conjonctif au lieu de la soudure des tissus

  • Pendant les deux premiers mois suivant les opérations, un tissu se développe. Cela donne aux cicatrices visibles un aspect rouge et surélevé qui s’aggrave chaque jour et rend la cicatrice de plus en plus visible. Ce phénomène est constant et obligatoire, ce qui peut changer c’est son intensité.
  • Pendant les deux mois suivants : du deuxième au quatrième mois la production s’arrête, la cicatrice se stabilise.
  • A partir du quatrième mois, ces tissus cicatriciels vont progressivement perdre de leur vascularisation (ils pâlissent) et de leur volume, on dit qu’ils mûrissent.
  • Cette maturation du tissu cicatriciel améliore l’aspect de la cicatrice mais les tissus qui se sont développés ont modifié la géographie de la région traitée et il reste une marque. Cette marque sera d’autant plus importante et perceptible que le phénomène est intense. Raisonnable quand elle est normale, elle peut être exagérée si la cicatrisation est hypertrophique.

Quoiqu’il arrive, on ne peut juger d’un résultat que lorsque la cicatrice a fini d’évoluer .

Pour mûrir, une cicatrice évolue chez l’enfant 18 mois, 12 chez l’adulte ; valeurs moyennes pouvant varier d’un patient à l’autre.

Cicatrice et croissance

  • La cicatrisation ne fait pas que produire un tissu qui donne du volume tissulaire, ce tissu a pour caractéristique de se rétracter c’est à dire de tirer dans son grand axe, ceci déforme les tissus et provisoirement gâche les résultats .
  • Cette caractéristique va durer 18 mois chez l’enfant, sur cette durée  elle peut contrarier des phénomènes de croissance à un moment sensible. Ceci est toujours à peser dans le choix d’une date.

Les paramètres de la cicatrisation

  • Forme et orientation et situation sur la peau : le respect de principes de base de la chirurgie cutané anime votre chirurgien qui sur ce point fera au mieux.
  • Age : la période néonatale est considérée comme propice à l’obtention de meilleures cicatrices, à l’opposé la période péri-pubertaire est extrêmement défavorable et il faut avoir de puissant motifs pour accepter le risque sévère d’hypertrophie cicatricielle.

Les soins de cicatrice

  • Le soleil : l’exposition aux ultraviolets du soleil favorise l’hypertrophie et la pigmentation. Il est donc recommandé de protéger les cicatrices pendant les six mois suivant les interventions par des écrans solaires de haut indice de protection (50) pour les sorties en plein air même en demi saison, d’utiliser chapeaux, ombrelles etc.
  • Le massage : très important, il doit se faire au moins quatre mois, plus si une hypertrophie persiste. Appliqué avec la pulpe de l’index, il est ferme mais non brutal sur la cicatrice,  il cherche la sensation du tissu qui est en dessous et le pétrit comme pour l’assouplir. Il se fait en une seule fois, de préférence le soir et pendant dix minutes d’affilée. Masser, ce n’est pas mettre de la pommade mais appliquer une action mécanique.

Masser les cicatrices et les protéger du soleil sont les seuls paramètres que nous contrôlons, faisons-le avec la plus grande application.

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